26.12.2006
FRATERNEL
Il y a quand même une certaine incohérence à souhaiter de bonnes fêtes de Noël et de fin d’année à Oussama ben Laden. Et il n’est pas sûr que ce comportement ne soit pas punissable sous nos latitudes, s’apparentant à l’apologie de crime ou à l’encouragement. Pourtant, José Ramos-Horta, Premier ministre du Timor, n’a pas hésité une seconde à franchir le pas. Mais, outre son message très « fraternel » au chef intégriste terroriste, le prix Nobel de la paix a sans doute poussé le « bouchon un peu loin » en affirmant comprendre les griefs de ben Laden. « à l’encontre de ceux responsables de siècles de souffrances aux musulmans ». Sauf qu’ Oussama ben Laden n’a rien d’un sauveur de l’islam. Il est ainsi responsable de la mort de centaines de musulmans dans ses attentats de Bali ou dans les tours jumelles.
Le prix Nobel de la paix a malheureusement oublié que ben Laden fut, l’espace d’une décennie, le meilleur allié des Etats-Unis contre l’URSS, notamment quand il mis en place avec l’aide de la CIA en 1980, des camps d’entraînement à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Il ne se souvient plus que la haine d’Oussama ben Laden envers les Etats-Unis remonte à la guerre du Golfe et qu’elle traduit plus un état pathologique incertain qu’un raisonnement proprement spirituel.
Enfin José Ramos-Horta fait silence sur les multiples activités du milliardaire saoudien, qui lui ont fait tout autant cultiver la drogue et le pavot qu’alimenter de curieux montages offshores, pour ne retenir que sa prétendue « solidarité », son « amitié » et son amour envers les Palestiniens et souhaiter qu’il les « étende » au reste du monde.
José Ramos-Horta a certes obtenu le prix Nobel de la paix avec l’évêque Carlos Filipe Ximenes Belo. Mais ce n’est sans doute pas une raison suffisante pour en partager la « charité chrétienne » ou… l’aveuglement..
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25.12.2006
ARTIFICIEL
Quand le dogmatisme le dispute à l’humanité, la veillée de Noël peut être un peu gâchée.C’est sans doute ce que doivent penser des millions d’Italiens qui ont appris, hier, que l’Eglise catholique avait refusé des obsèques religieuses à Piergiorgio Welby mort mercredi dernier grâce à l’assistance d’un des ses médecins qui a débranché le respirateur artificiel. Ainsi, cet homme de 60 ans, atteint d’une dystrophie musculaire, qui souffrait le martyre, ne pouvait plus marcher, ni se nourrir ou respirer de façon autonome, a été rejeté symboliquement par sa communauté. Renvoyé au purgatoire pour l’éternité. Comme au bon vieux temps de l’ignorance et de l’inquisition !
L’enfer est certes pavé de bonnes intentions. Et Piergiorgio Welby y trouvera sans doute l’apaisement. Reste que si l’on peut admettre que l’Eglise refuse d’apporter sa caution à quelqu’un qui avait manifesté sa volonté de mettre fin à sa vie, on ne peut comprendre cette absence d’humanité dès lors que le sort de ce malade a été « réglé » par quelqu’un d’autre. On peut admettre que la hiérarchie catholique, le Pape en tête, se refuse à « légaliser » le suicide, fut-il motivé par la souffrance et l’impuissance, mais on ne peut que déplorer qu’elle ne sache pas « pardonner » au vu des circonstances. On peut, enfin, entendre Benoît XVI quand il réaffirme l’importance de la vie humaine, « de son premier instant à son issue naturelle », mais on aurait sans doute aimé, en ce soir de Noël, qu’il admette que le maintien en vie de Piergiorgio Welby n’avait rien de naturel, ni même de surnaturel et qu’il n’était que souffrance alimentée de façon artificielle.
Le cercueil de Piergiorgio aura tout juste eu le droit de faire un tour devant l’église Saint-Jean Bosco sous les applaudissements de centaines de personnes émues jusqu’aux larmes. Cet homme n’aura donc pas connu le paradis sur terre, mais nul, ni le dogme, ni la « doctrine », ne peut encore savoir, Dieu merci, s’il ne l’a déjà pas gagné… au-delà.
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24.12.2006
FETE
Noël, ce sont des milliers de sourires de par le monde. Mais certains sont, parfois, plus importants que d’autres car ils sont tout à la fois annonciateurs de fin de souffrances et porteurs d’espoirs. Deux bonnes nouvelles sont ainsi arrivées juste à temps pour les fêtes. L’une aura permis à Nathalie Gettliffe de sortir de prison pour retrouver sa famille, après huit mois d’enfermement au Canada pour rapt d’enfants. Il reste à espérer que la jeune femme saura désormais trouver cette paix intérieure qui lui sera nécessaire pour bâtir l’avenir avec tous ses enfants. L’autre bonne nouvelle aura redonné un peu d’espoir à cette Palestine déchirée de l’intérieur depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir. La poignée de mains entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert symbolise, après six mois de brouille et de silence, et à défaut de mieux, une reprise du processus de paix et une volonté d’apaisement de part et d’autre. Il suffirait sans doute de peu de chose, de la libération du soldat Shalit contre quelques dizaines de prisonniers palestiniens par exemple, pour que la fête soit complète.
Finalement, la situation n’est jamais désespérée et il n’y a pas de cause perdue d’avance. « Le temps est un grand maître, il règle bien des choses » disait Corneille dans Sertorius. Mais qu’il est long parfois pour des calvaires qui n’en finissent pas. Pour ces infirmières bulgares condamnées à mort et à tort en Lybie. Pour Ingrid Betancourt qui va bientôt entamer sa sixième année de détention dans la jungle colombienne, loin des siens. Pour ces sinistrés d’Asie du sud-est qui, déjà éprouvés par le tsunami, n’en finissent pas de lutter contre les éléments et, plus précisément, contre ces pluies de mousson qui ont fait des centaines de morts. Pour tous ceux, enfin, que l’on hésite à… dénombrer, de peur d’en oublier.
Pourtant, Noël représente pour eux, comme pour nous, cette étoile inaccessible que chantait merveilleusement Jacques Brel quand il célébrait la quête. Car elle brille encore, au milieu des tempêtes, et entretient l’espoir. Trait d’union entre l’orient et l’occident, elle luit contre vents et marées. Elle est à la fois, pour parodier Verlaine, ce « brin de paille dans l’étable » et ce « caillou dans un creux ». A condition, bien sûr, d’y… croire.
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23.12.2006
BAGATELLE
Le Père Noël est descendu avec quelques jours d’avance dans la hotte de DCN, ex-Direction des Constructions navales, avec la commande de six sous-marins nucléaires d’attaque « type Barracuda » livrables entre 2016 et 2027. Voici donc un cadeau royal qui devrait faire « plaisir » à nos enfants qui voient ainsi la dette française « s’enrichir » de plus de 8 milliards d’euros, sans compter les « rallonges » habituelles de ce style de contrat, de l’ordre de 30 à 50%, comme on l’a vu avec les hélices du porte-avions « Charles-de-Gaulle ». Décidément, la France ne doute de rien et engage les budgets à venir, et les nouvelles générations, avec une facilité déconcertante qui frise l’écoeurement.
On en oublierait presque que notre pays est en situation de « sur-surendettement » et que notre dette publique atteint déjà, selon le rapport Pébereau, plus de 2.000 milliards d’euros. Soit la bagatelle de 120% de notre produit intérieur brut. Pas étonnant, dès lors, que de nombreux « contributeurs », tel Johnny qui estime cette semaine, sur Paris-Match, avoir payé à lui tout seul l’équivalent d’un porte-avions, aient décidé de nous quitter pour ne plus avoir à payer les frais de notre « grandeur ». Là est, en fait, le cœur de notre problème. Faut-il continuer à investir ? Oui ! sans aucun doute, mais à condition que notre investissement soit « utile », non seulement en terme de maintien ou de création d’emplois, mais aussi en terme de création de richesses. Ce qui, en l’espèce, est très loin d’être le cas.
Car, en ce qui concerne nos sous-marins, nous n’avons à nous mettre sous la main que le discours pompeux, délivré vendredi par le porte-parole du ministère de la Défense. Selon lui, ce programme « permettra de conforter le statut de puissance navale de premier rang de la France ». C’est un peu court question pertinence du statut. Cela n’engage par ailleurs que son auteur et devient désormais hors de prix et de proportion. Il n’est en aucun cas nullement l’assurance d’un bon choix et d’une nécessité militaire. D’autant que l’on peut estimer que la portée de nos missiles balistiques aura largement progressé d’ici dix ans et qu’il ne servira à rien d’avoir de nouveaux sous-marins pour se rapprocher de nos cibles « potentielles ». En réalité, il n’est pas acceptable que de tels engagements ne fassent pas l’objet d’un contrôle budgétaire indépendant et plus sérieux. D’autant que cette commande est assortie d’un dédit de 100 millions d’euros avec les industriels en cas d’annulation d’une commande.
Alors, à quelques mois de l’élection Présidentielle, on ne peut que déplorer une telle attitude et un tel contrat qui tiennent plus du chèque en blanc, sinon de l’escroquerie, que de la fuite… en…avant.
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22.12.2006
L'AUTRE
Que dire après le drame de Meaux, sinon des banalités affligeantes ? Que penser de cette bagarre qui dégénère, comme nous en avons tous connues sur des cours de récré, sans pour autant que cela ne se termine en drame ? Rien ! Tristement rien !
Il faudra attendre les résultats de l’autopsie pour savoir si la jeune victime était d’un naturel fragile ou si elle a fait l’objet d’un véritable règlement de comptes. Il faudra connaître les causes exactes de sa mort pour savoir s’il y a eu dans cette affaire négligence ou défaut coupable de surveillance et d’encadrement.
Mais, une chose est sûre, on se gardera bien de prononcer, à l’égal de Gilles de Robien, cette « formule magique » teintée d’hypocrisie selon laquelle le ministre de l’Education exprime « sa compassion à la famille et à la communauté éducative ». Car, seule la famille mérite aujourd’hui que l’on pleure avec elle. La « communauté éducative », quant à elle, a « failli » tant dans son instruction que dans sa vigilance. La condamnation est, certes, sévère, mais il en sera toujours ainsi tant que des parents confieront leurs enfants à l’école. Avec cette confiance aveugle dans une structure destinée à les éduquer dans le respect des autres et d’eux-mêmes par le savoir et la connaissance. Alors, inutile aujourd’hui d’en rajouter, ni même d’adjoindre à ce drame de la violence, que l’on doit refuser de qualifier d’ « ordinaire », une « cellule psychologique », sorte de remède miracle dont on use et on abuse quand des fonctionnaires sont « touchés », mais que l’on oublie régulièrement dans les accidents du travail.
Déjà, des voix se font entendre pour dégager leurs responsabilités. Le syndicat Snes-Fsu a fait savoir que les enseignants alertaient « depuis deux mois » leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans le collège Albert-Camus. Bientôt, on va apprendre que les bagarres étaient quotidiennes dans cet établissement « sensible » et que nul n’a rien fait.
Mais il n’est pas acceptable d’entendre dire qu’il s’agissait d’une « classe de sixième normale dans un collège où règne un climat de violence ». Car le « climat » dans une école, c’est aussi la communauté éducative qui le construit, le maintient ou le défend. Ce sont aussi les enseignants qui doivent avoir le courage d’interdire, de punir, de renvoyer ou de « coller ». Bref de faire régner l’ordre et la discipline, préalables à tout enseignement.
Finalement, en marge de ce drame, on s’aperçoit que, pour l’école, le coupable c’est toujours « l’autre ». Il n’est, dès lors, pas étonnant qu’avec de tels raisonnements, la société soit aujourd’hui… en danger.
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