25.01.2007

CANCRE

medium_SGE.LJO46.240107175022.photo00.photo.default-412x512.jpgFaudra-t-il mettre Jacques Chirac sous curatelle, voire sous tutelle, pour ses derniers mois de mandat présidentiel ? La question mérite d’être posée quand on voit notre Président « offrir », hier, un prêt de 500 millions d’euros au Liban. Le geste est, certes, généreux et vise à apporter un ballon d’oxygène à une économie amie dont la dette représente plus de 180% du PIB, mais il n’est même pas financé. C’est une sorte de chèque en bois hors des moyens de notre République et hors de proportions avec nos propres capacités financières. La France croule en effet, elle-même, sous un endettement de plus de 120% du produit intérieur brut. C’est-à-dire qu’elle doit à ses créanciers plus de 2.000 milliards d’euros, selon l’évaluation réalisée par Michel Pébereau l’an dernier à la demande du gouvernement.
Autant dire que notre prétendue gestion en « bon père de famille » n’est plus que poudre aux yeux et image d’Epinal. Elle ne trompe personne d’ailleurs, sauf peut-être plus « cancre » que nous en finances publiques, du côté de la Grèce ou de l’Italie. Mais elle est, hélas, révélatrice d’un état d’esprit qui règne encore au sommet de… l’Etat. Tout se passe comme si nul n’avait abandonné tous ces rêves de grandeur qui nous habitaient du temps des « Trente glorieuses » ou à l’époque du général de Gaulle. Nul n’a le courage d’y renoncer, d’en prévenir les Français et d’en tirer les conséquences, toutes les conséquences. Soit, en premier lieu, de diminuer le « train de vie » de l’Etat.
Jacques Chirac, en se comportant comme un « roi du pétrole » avec Fouad Siniora, ne rend service ni à la Nation, ni au pays. Il se ment à lui-même en s’affichant généreux avec l’argent qu’il ne possède pas et il dilapide, en les diminuant toujours, les espoirs de remboursement d’une société déjà « étranglée » par les prélèvements obligatoires. Mais il est vrai que l’on peut toujours augmenter la TVA, l’Isf ou l’impôt sur les sociétés. Voire même « embastiller » Johnny Hallyday et confisquer tous ses biens.
Décidément, depuis plus de vingt ans, la France aura eu de bien piètres gestionnaires. Plus soucieux d’eux-mêmes que du bas peuple qu’ils avaient en charge de conduire. Solidaires à bon compte avec l’appétit des uns et l’emprunt des autres. Ce qui est assez pitoyable et globalement écoeurant. Et qui montre, par l’absurde, qu’un système capitaliste n’est finalement pas plus à l’abri de la faillite que le système communiste dès lors qu’il n’est pas dirigé ou n’est pas vertueux. Et, surtout, dès lors qu’il n’est plus… financé.

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Commentaires

Ne martyrisez pas trop les cancres.
Ils sont utiles à toute société.
Salutations.
guillaume.auffret7@wanadoo.fr

Vous a-t-on déjà appelé "cancre" ?

Si vous faîtes partie de cette joyeuse cohorte, vous connaissez votre bonheur.
Heureux élu, vous aimez le rêve et la liberté.
L'esprit en constante ébullition, vous observez tout, inventez tout
et bricolez avec trois fois rien. "Trois fois rien" étant mieux que rien, comme disait
Raymond Devos, cela suffit à votre trousse de vie.
Les convenances et la pensée unique vous font bondir et vous inventez
aussitôt un monde meilleur, et vous y arrivez avec talent.
Chevauchant vos "pourquoi", vous avez l'astuce à portée de main.
Heureux cancre, la vie est à vous.
Votre maturation vous offre le diplôme de la vie.
Vous êtes recherché car votre curiosité vous rend adaptable à l'envie.
Finalement, les seuls obstacles que vous rencontrez, ce sont les "diplômés",
ceux qui affirment tout savoir…de leurs études passées.
Etre cancre, c'est être "soi" dans la plénitude.
Vite, rencontrons-nous !


Le cancre

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le coeur
Il dit oui à ce qu'il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.

Jacques Prévert

Ecrit par : Auffret | 25.01.2007

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