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18.01.2007

ORDINAIRE

medium_SGE.JHC96.180107104029.photo00.photo.default-360x512.jpgIl n’est certes jamais trop tard pour bien faire, mais il l’est quelquefois pour rendre un hommage mérité, plus de soixante ans après les faits. Car nombre de ces 2.700 « Justes », dont on célèbre enfin la mémoire au Panthéon, sont aujourd’hui décédés et n’auront sans doute jamais compris que l’on daigne à peine leur dire « merci ». Oh, ils n’en demandaient pas tant et, pour la plupart, ne s’en glorifiaient pas, considérant leur geste comme une preuve d’humanité ordinaire. Sauf que, à cette époque, « l’ordinaire » n’était pas toujours d’actualité et que « l’extraordinaire » vivait caché !
Tous ces courageux anonymes ont sauvé des milliers de Juifs de l’horreur parce qu’ils considéraient qu’il était de leur devoir, avant tout, de protéger la vie humaine et d’aider leurs semblables. Ils avaient, chevillée au corps, cette notion de solidarité qui, parfois, nous fait défaut et, souvent, nous encombre. Ils étaient de ces femmes et de ces hommes qui refusaient la collaboration de l’Etat dans ce qui fut la déportation de 75.000 juifs français.
Aujourd’hui, le mot « devoir » est presque une grossièreté. La solidarité se conjugue au passé tandis que l’égalité et la fraternité se décrépissent au fronton des mairies. Pourtant, chacun ressent bien, en son for intérieur, ce besoin lancinant de retrouver des valeurs, cette soif d’une société nouvelle basée sur l’écoute, le travail et le respect des autres. Car nous sommes désormais arrivés à la croisée des chemins, à ce carrefour entre l’impasse et l’avenir qu’il nous faut négocier. Car l’autoroute des éternels assistés voit, chaque jour, son chantier se rétrécir et diminuer. L’égoïsme forcené de ces dernières décennies nous mène dans une impasse où il est de bon ton de réclamer encore, chaque jour, davantage sans jamais rien donner. Mais pour combien de temps ? « Toujours plus » a écrit François de Closets.
Aujourd’hui, chacun sait qu’il est plus facile de réclamer son dû que de le gagner. Hier, nul n’ignorait que la maîtrise de son destin nécessitait que l’on se prenne… par la main.