12.01.2007
STRATEGIE
Nicolas Sarkozy va devoir rapidement trouver la parade sous peine de perdre les élections. Car ce n’est pas une simple candidate qu’il a devant lui, c’est une sorte d’aigle à deux têtes dont l’une inquiète et l’autre rassure. C’est d’ailleurs fort bien joué. Ainsi, François Hollande a sitôt fait de s’en prendre aux riches, de promettre une hausse des prélèvements et la fin du « bouclier fiscal » que sa compagne joue l’apaisement et charge Dominique Strauss-Kahn d’établir un diagnostic sur l’efficacité de la dépense publique. Ségolène Royal apparaît donc comme « la » solution entre les positions dogmatiques des uns et des autres, tant de la part du PS que de celle de l’UMP, « le » seul compromis possible, « la » seule alternative crédible. Ce qui lui permet de briller à bon compte et de corriger le sectarisme de certaines propositions. Bref, la candidature socialiste aujourd’hui, c’est un peu Madame « Carotte » et Monsieur « bâton », l’un étant au service de l’autre.
Le ministre de l’Intérieur, quant à lui, incarne complètement les idées qu’il a initiées dans le parti dont il est le Président. La droite pure et dure et la rupture obligatoire, qu’elle soit « tranquille » ou pas. Ce qui, certes, évite les dissensions ou les dérapages, mais ce qui en réduit aussi singulièrement la portée. Enfin, ce qui semblait, hier encore, un avantage, pourrait bien devenir un inconvénient. Nicolas Sarkozy doit en effet savoir mieux que quiconque que ses seuls militants ou sympathisants ne suffiront pas pour le faire élire. Il va donc devoir composer un vrai programme de Président pour ratisser plus large, et, d’une même foulée, s’extraire d’un programme de parti. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, ou n’en donne pas l’impression tant il est englué par son propre appareil, qui va le plébisciter dimanche, et par le gouvernement dont il est ministre.
Il lui faudrait donc, semble-t-il, retrouver une certaine liberté, comme celle dont use et abuse avec talent sa concurrente et même un troisième « larron » nommé François Bayrou. Ce dernier progresse en effet chaque jour un peu plus, en dénonçant notamment la « machine à promesses », à son détriment et au risque de lui faire tout perdre. Mais cette « liberté » retrouvée passera obligatoirement par une démission de la présidence de l’UMP ou du gouvernement.
La gauche a donc aujourd’hui quelques longueurs d’avance question stratégie. Mais l’essentiel, comme toujours en ce qui concerne la Présidentielle, est de tenir… la distance.
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Commentaires
Bonjour,
il me semble surprenant que l'on parle si peu des législatives qui vont suivre. Tout se passe comme si les Français se permettent un choix pour la présidentielle puisqu'ils peuvent le rectifier en une suave cohabition, pour laquelle ils sont passés maîtres.
Le quinquennat coïncidant avec les législatives risque de nous proquer bien des surprises.
Nous pourrions même avoir Le Pen président, avec une assemblée de gauche. Surprenant, non ?
Ecrit par : Auffret | 12.01.2007
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