11.01.2007

SOLIDARITE

medium_070107114329.etkjydok0_des-retraites-participent---un-atelier-internet--lb.jpgLa question des retraites et des régimes spéciaux risque bien d’empoisonner la campagne électorale car, jamais traitée au fond, elle revient inlassablement dans l’actualité. Elle sera ainsi, une nouvelle fois, aujourd’hui, au centre de toutes les discussions avec la remise au Premier ministre du rapport du Conseil d’Orientation des Retraites. En clair, le C.O.R. constate que la situation est plus dégradée que prévu et qu’il y a nécessité de rééquilibrer les comptes. Il prône notamment une augmentation de la durée effective de cotisation et une « mise à plat des différentes niches fiscales et surtout sociales ». Enfin, il plaide pour un retour à « l’égalité de traitement » entre les cotisants.
Bref, tout le monde a bien compris que les régimes spéciaux, Sncf, EDF-GDF, Ratp, mineurs, marins, clercs de notaire, militaires, parlementaires, sont montrés du doigt. Ils le sont d’autant plus qu’ils sont déficitaires pour la plupart et font appel au régime général ou à l'impôt pour combler leurs pertes.
La CGT a certes en partie raison quand elle affirme que les régimes spéciaux ne sont qu’une goutte d’eau dans le problème des retraites. Et qu’une éventuelle remise à plat ne suffira pas à combler le trou. Mais elle minimise à dessein les chiffres des personnes concernées, oublie quelques rentes de situation et, surtout, s’arc-boute dans une position de défense catégorielle bien loin de l’équité républicaine. Pour sa part, Force Ouvrière met en garde ceux qui veulent « monter les salariés les uns contre les autres », ce qui est l’éternel argument éculé, voire la menace à peine voilée, pour dissuader quiconque de réformer.
En clair, les syndicats, dont les plus gros bataillons se comptent bien évidemment parmi les régimes spéciaux et dans la fonction publique, veulent que l’on ne touche à rien et que le simple « pékin » continue à payer encore longtemps, par solidarité, pour que le roulant Sncf puisse partir à 50 ans. Mais on ne peut pas d’un côté avaliser la nécessité de faire travailler plus longtemps les seniors et « graver dans le marbre » un système qui permet à quelques-uns de cotiser moins, de partir plus tôt et de gagner plus. Ce qui dépasse l’entendement. C’est bien cette contradiction qu’il faudra résoudre. A moins de vouloir, encore une fois, reporter toutes nos dettes sur les… générations futures.

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