30.12.2006
CHIMERES
Deux jours encore pour épuiser 2006 et tout ce qui s’ensuit ! Factures et tout le reste. Deux jours encore à attendre 2007 qui nous promet nouveau Président et beaucoup d’argent ! Le temps est long pourtant qui nous sépare de l’autre rive et de ses larges horizons ! Mais… rêvons encore, rêvons toujours. Tels ces poètes des rues qui chantent et s’entendent Bécaud ou ces filles de petites vertus qui, en belles de nuit, se prennent toutes pour Bardot ! Songeons un peu, songeons beaucoup. A ce réveillon de chimères et d’illusions que le petit Prince, ou son aviateur favori, a préparé pour nous. A ce carrefour des âges que les moins de sept ans peuvent partager sans complexes avec le siècle dernier. A cette histoire de gui et de lauriers que l’on porte sur la tête ou les parvis sans toujours parvenir à s’embrasser.
Aujourd’hui et demain, tous les délires nous sont permis. « On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère » disait Jean-Jacques Rousseau. Alors, jouissons ! Faisons provision de ce que nous n’avons pas ou de ce que nous avons perdu. Du travail qui nous boude ou de la fiancée qui nous manque, ou l’inverse. Ou les deux à la fois. Laissons place à l’imagination qui voudrait que 2007 soit une année d’opulence. Où la misère n’aurait plus droit de citer au bord du canal Saint-Martin. Où Dominique de Villepin viendrait nous annoncer une grave pénurie de chômeurs. Où Ségolène Royal déciderait de se désister pour Nicolas Sarkozy. Ou bien le contraire. Ou tout bonnement décideraient-ils tous les deux de s’associer. Pourquoi pas ? Le bien de la France et le bonheur des gens méritent bien quelques sacrifices ou maroquins. Et s’ils étaient faits pour vivre ensemble ?
Soyons fous ces deux derniers jours et crions, avec Shakespeare que « c’est perdre la vie que l’acheter par trop de soucis ». Jouons au loto, sortons Champagne et petits gâteaux, portons « nœud pap » et grand chapeau. Rêvons quoi ! D’une année de lumière avec plein d’étoiles de toutes les races et de toutes les religions. D’un ciel d’équilibre entre sécheresse et moussons. De nuages de bonheur et de cumulo-nimbus de gratifications.
Mais, méfions-nous tout de même. Albert Camus nous l’avait enseigné et nous ne l’avons pas cru, « tout le malheur des hommes vient de l’espérance ». Alors gardons-là enfouie au plus profond de nous jusqu’aux douze coups de minuit. Pour pouvoir prétendre ensuite n’y avoir jamais songé. Et ainsi recommencer… chaque année.









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