22.12.2006

L'AUTRE

medium_violence1.jpgQue dire après le drame de Meaux, sinon des banalités affligeantes ? Que penser de cette bagarre qui dégénère, comme nous en avons tous connues sur des cours de récré, sans pour autant que cela ne se termine en drame ? Rien ! Tristement rien !
Il faudra attendre les résultats de l’autopsie pour savoir si la jeune victime était d’un naturel fragile ou si elle a fait l’objet d’un véritable règlement de comptes. Il faudra connaître les causes exactes de sa mort pour savoir s’il y a eu dans cette affaire négligence ou défaut coupable de surveillance et d’encadrement.
Mais, une chose est sûre, on se gardera bien de prononcer, à l’égal de Gilles de Robien, cette « formule magique » teintée d’hypocrisie selon laquelle le ministre de l’Education exprime « sa compassion à la famille et à la communauté éducative ». Car, seule la famille mérite aujourd’hui que l’on pleure avec elle. La « communauté éducative », quant à elle, a « failli » tant dans son instruction que dans sa vigilance. La condamnation est, certes, sévère, mais il en sera toujours ainsi tant que des parents confieront leurs enfants à l’école. Avec cette confiance aveugle dans une structure destinée à les éduquer dans le respect des autres et d’eux-mêmes par le savoir et la connaissance. Alors, inutile aujourd’hui d’en rajouter, ni même d’adjoindre à ce drame de la violence, que l’on doit refuser de qualifier d’ « ordinaire », une « cellule psychologique », sorte de remède miracle dont on use et on abuse quand des fonctionnaires sont « touchés », mais que l’on oublie régulièrement dans les accidents du travail.
Déjà, des voix se font entendre pour dégager leurs responsabilités. Le syndicat Snes-Fsu a fait savoir que les enseignants alertaient « depuis deux mois » leur hiérarchie à propos des problèmes de violence et du manque de personnels dans le collège Albert-Camus. Bientôt, on va apprendre que les bagarres étaient quotidiennes dans cet établissement « sensible » et que nul n’a rien fait.
Mais il n’est pas acceptable d’entendre dire qu’il s’agissait d’une « classe de sixième normale dans un collège où règne un climat de violence ». Car le « climat » dans une école, c’est aussi la communauté éducative qui le construit, le maintient ou le défend. Ce sont aussi les enseignants qui doivent avoir le courage d’interdire, de punir, de renvoyer ou de « coller ». Bref de faire régner l’ordre et la discipline, préalables à tout enseignement.
Finalement, en marge de ce drame, on s’aperçoit que, pour l’école, le coupable c’est toujours « l’autre ». Il n’est, dès lors, pas étonnant qu’avec de tels raisonnements, la société soit aujourd’hui… en danger.

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