25.11.2006

HAINE

medium_SGE.OYB03.241106145437.photo00.photo.default-512x333.jpgBien sûr qu’il faut dissoudre les groupes de supporteurs violents. Et sans états d’âme encore. Au même titre qu’il faut mettre au ban de la société et expulser des stades tous ces groupes fascistes autoproclamés qui défilent drapeau au pied et mains gantés. Qu’ils s’appellent « Casus belli »… ou tribu Ka. Qu’ils se protégent ou non derrière le statut loi 1901. Le droit d’association ne doit pas en effet permettre tous les abus. Ni protéger indéfiniment tous ceux qui confondent, à chaque match du PSG, amour du ballon rond et amour du « baston ». Et encore moins leur donner « droit » à subventions et à tarifs réduits. Car, en l’occurrence, il ne s’agit plus de sport, ni de réunion ou même de manifestation. Il ne s’agit même plus de racisme ou d’antisémitisme, mais d’extrémisme. De cette haine de l’autre érigée en système et affichée sur les blousons, qui peut conduire à tous les drames. Tout le temps et à chaque instant.
Certes, pris séparément, les membres de ces groupes « armés » peuvent être, sans doute mais sans aucune certitude, de gentils pères de famille, mais, dès que la nuit est tombée, ils se transforment en bêtes furieuses et incontrôlées. Ils se croient tout permis comme s’ils trouvaient dans la violence un exutoire à leurs inhibitions quotidiennes. Jadis, le sport était justement destiné à accueillir ces jeunes qui, par une saine fatigue et le dépassement de soi, pouvaient faire « exploser » leur trop-plein d’énergie. Mais, désormais, chez certains, après 25 ans, il semble plus « marrant » de s’étriper que de « mouiller le maillot ». Plus « cool » de chasser juifs ou immigrés ou de se « faire un flic » derrière les tribunes que de suer sang et eau sur un terrain de sport.
Le virage Boulogne n’en est pas à ses premiers outrages. L’effet de masse et l’impunité aidant, une sorte de sentiment de puissance a envahi ses adhérents au-delà de toute tolérance. Depuis longtemps, déjà, très longtemps, les autres supporteurs et les riverains prennent bien soin d’éviter cette aile « droite » du Parc des Princes, ces barbares du stade qui agressent tout le monde, dégradent le mobilier urbain, s’en prennent aux voitures et à tout ce qui leur tombe sous la main. Il n’y a guère que le président du PSG pour prendre leur défense et déclarer à qui veut encore l’entendre que son « club n’est pas plus dangereux que les autres ». Mais cet autisme affligeant qui lui fait mêler indistinctement le bon grain et l’ivraie, pour le plaisir d’avoir raison, est indigne d’un dirigeant. Cette irresponsabilité qui, comme par hasard, se mue en propositions concrètes dès que l’on commence à parler d’argent, devrait inciter désormais les responsables des fédérations et les pouvoirs publics à sanctionner plus encore par le porte-monnaie des aveux tout aussi… terrifiants.

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