21.11.2006

TROUPES

medium_visuel_1.jpgUn véritable revenant ! Fantomatique pendant son mandat, il se transforme chaque fois en « apparition » à quelques semaines des élections. Jacques Chirac est de ces hommes qui se font oublier et ne travaillent que tous les cinq ou sept ans, là où c’est vraiment important. Il sera ainsi ce matin au congrès des Maires, porte de Versailles, où on ne l’avait pas revu depuis 2001. Et avant, depuis 1994. Il vient, dit-on, pour rappeler les « fondamentaux » de la République et de l’identité nationale. La belle affaire ! Comme si ces derniers ne devaient se décliner que périodiquement et non pas toute l’année. Comme si ces « valeurs » valaient moins qu’un vaccin anti-grippe et ne méritaient pas un déplacement annuel. Le chef de l’Etat a, certes, la République chevillée au corps, mais à temps partiel et à moment choisi. En intermittent du spectacle et en bateleur de foire. Triste exemple d’une démocratie sur le déclin où les institutions ont été progressivement détournée pour préserver de piètres intérêts.
Une fois de plus, les maires vont être « brossés » dans le sens du poil. On pourrait presque écrire à l’avance le discours du Président qui va leur parler de leur rôle « irremplaçable » pour la cohésion sociale. Jacques Chirac va faire, tour à tour, appel à leurs sentiments et à leur responsabilité, pour protéger les citoyens et défendre les services publics, pour animer cette France de la ruralité qui mérite de vivre et de se développer à l’égal des grandes villes. Le chef de l’Etat va retrouver des accents gaulliens pour motiver des troupes qui, dans les prochaines semaines, vont être choyées et sollicitées pour distribuer bons points et parrainages.
Mais nul ne viendra tenir aux maires le langage de la vérité. Leur dire qu’il sont devenus trop nombreux dans un pays où les distances ont été « rétrécies » par les moyens modernes. 36.000 « seigneuries » là où il en faudrait deux fois moins ! Non pas tant pour faire des économies, mais pour assurer des développements plus cohérents et avoir une vison globale des besoins. Leur dire qu’ils ont besoin de se rassembler entre communes déjà « collées » pour mieux servir leurs administrés. Leur dire qu’ils seront plus forts en s’associant pour peser sur les choix d’investissement. Leur prouver enfin que sacrifier leur poste n’est pas tuer la démocratie. Bien au contraire.
Mais Jacques Chirac n’est pas venu pour cela. Il est aujourd’hui Porte de Versailles comme il vient chaque année au salon de l’Agriculture. Pour serrer des mains, tâter le pouls des uns et des autres et, finalement, faire… campagne.

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