26.10.2006

CAGOULE

medium_SGE.FNO22.261006070904.photo00.photo.default-512x332.jpgCette nuit, deux nouveaux bus de banlieue ont brûlé, l’un à Nanterre, dans l’ouest de Paris, l’autre à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Les passagers ont tout juste eu le temps de s’en aller, mais, visiblement, ils n’étaient pas visés. Tout comme ils ne l’avaient pas été, dimanche dernier, à Grigny. Mais ils ont eu peur et, surtout, ils ont dû regagner leur domicile à pied, en pleine nuit, au bout du bout de la cité, sans autre protection que la lumière de quelques lampadaires pas encore cassés. Il va d’ailleurs falloir qu’ils s’entraînent ou qu’ils s’entraident, entre voyageurs de la nuit tombée, car demain ou dans les semaines qui viennent, plus aucun chauffeur de la Ratp n’acceptera de desservir ces coins « paumés ». Déjà, le président des transports intercommunaux de l’Essonne a décidé d’avancer l’heure de la fin des services dans son département et de contourner les quartiers sensibles. Bientôt, à ce rythme-là, seules, les voitures blindées oseront circuler la nuit dans certaines zones de l’Ile de France
La mise à feu des bus de banlieues est donc le nouveau jeu à la mode de certains quartiers. Il est vrai que ces véhicules brûlent plus longtemps que les voitures et que les « feux de joie » de toutes ces équipées sauvages entretiennent l’amitié. Tous ces incendies font peur aux gens, enracinent le sentiment d’insécurité et attirent police et pompiers, ce qui fait de nouvelles cibles toutes trouvées. Et, pendant ce temps, le trafic continue, la « came » peut circuler et le marché parallèle s’organiser.
Chacun d’entre nous peut ainsi constater, chaque jour, à la lecture des journaux, que la mansuétude populaire, le laxisme judiciaire et des « tonnes » de bons sentiments ont sans doute fait plus de mal au pays que des années d’incurie politique et budgétaire. A ignorer, pendant des lustres, les problèmes de petite délinquance et d’insécurité, volontairement « camouflées » sous de faux prétextes de couleurs de peau ou de culture différente, on a laissé créer, s’organiser et se perpétuer des îlots de malfaisance, de véritables universités de la rapine et de l’agression. Et désormais, aujourd’hui, lorsque l’on s’avise de vouloir « taper dans la fourmilière », on s’attire non seulement les foudres de tous ces diplômés « es cagoule », qui encombrent les rues, mais également les condamnations de tous ces « bien-pensants » de la vie qui crient à la persécution policière. Il est de bon ton d’estimer qu’il faut « occuper » la jeunesse de ce pays et d’accuser l’Etat de ne pas assez nourrir ses « enfants ». Mais l’inverse est aussi vrai. Et peut-on encore parler d’enfants quand, au jeu du policier et du voleur, la panoplie de jeune brigand intègre désormais parpaing et barre de fer !
Dans tous ces quartiers, l’humanisme a fait place à la tyrannie. Celle de « la rue » plus que celle de la police. Celle de « l’impuissance » plus que celle de la justice. Et nous en sommes tous… coupables.

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