25.10.2006
TRAHISON
Le choix était difficile, hier soir, à la télévision. Encore plus que la veille. Mais, finalement, il valait sans doute mieux regarder la seconde partie du documentaire consacré à Jacques Chirac que le vrai faux-débat entre les « Présidentiables » socialistes. On a en certainement plus appris, en effet, en deux jours sur France 2, qu’en deux fois deux heures de soliloques à trois voix sur la chaîne Public-Sénat. Mais quel enterrement de première classe ! Le président de la République est apparu tour à tour séducteur et manipulateur, menteur et dissimulateur, tricheur et calculateur, politicien et cabotin. Bref, un vrai chef d’Etat pour qui l’essentiel aura toujours été la conquête du pouvoir sans jamais avoir été celle de la défense du citoyen. En vrai « chevalier de l’opportunisme » comme le dit un peu cruellement Raymond Barre au cours de ce film réalisé par Patrick Rotman.
Mais, à l’heure du bilan, cette version raccourcie de toute une vie consacrée à écarter ses concurrents, quitte à leur marcher sur les pieds, voire plus, à se jouer de tous les obstacles, y compris juridiques et judiciaires, le condamne plus sûrement que tout autre discours à « disparaître » demain de la scène politique sans tambour, ni trompettes.
Jacques Chirac restera dans les mémoires comme un formidable « animal politique », mais l’emploi du futur ajoute encore un peu à la « trahison ». Car il est assez triste de constater qu’un homme est tellement aujourd’hui à la tête de son pays qu’il est déjà… remplacé dans tous les esprits.
Hier soir, à l’issue du téléfilm, pendant le débat, il n’y avait plus vraiment que François Baroin, maire de Troyes et ministre par amitié de l’Outre-mer, ou vice versa, à défendre Jacques « Chirouette ». L’on retiendra toutefois que tout le monde s’est accordé à louer la chaleur humaine du Président, son goût de la plaisanterie, son amour de la chère et de la bonne bière. Sa part de « lumière » a même été injustement amputée de quelques « lampions », de David Douillet au dernier champion de sumo. Son rayonnement au sujet des arts premiers, notamment, a été un peu oublié. Comme si l’homme avait déjà fait place à cette part « d’ombre » qui plane sur un combat dont il ne… sera pas.
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