24.10.2006
OURAGAN
Ce n’est pas une tempête qui s’est abattue hier soir sur l’ouest de la France, c’est un véritable ouragan. Un peu à l’image des tous ces vents contraires qui accablent désormais le gouvernement depuis quelques mois avec la multiplication des affaires, Clearstream en tête, et la montée des mécontentements, banlieues et prétoires en prime.
Aujourd’hui, Jacques Chirac aurait sûrement préféré que son voyage en Chine soit avancé de quelques jours plutôt que d’avoir à arbitrer entre un ministre de la Justice qui a peur de son ombre et un ministre de l’Intérieur qui, lui, « tire » nettement plus vite. Lucky Luke n’est pas une bande dessinée, il existe encore ! Et Nicolas Sarkozy l’a rencontré. Pour le plus grand dam, sans doute, du chef de l’Etat qui se voit ainsi contraint, presque obligé, de respecter sa promesse. Même s’il est souvent passé maître en la matière pour transformer de grandes envolées en strict minimum.
Tous ces atermoiements, ces espoirs déçus et ces réformes bâclées font le bonheur des « radicaux », de tous ceux qui prêchent une « révolution » républicaine, en dénonçant le manque de courage de nos représentants, et de tous ceux qui estiment que la classe politique est « pourrie » jusqu’au bout des ongles, plus prompte à s’auto-amnistier qu’à se réformer. Elle fait aussi l’affaire d’un juge Burgaud qui, utilisant à son profit toutes les subtilités du Droit, a pu, hier, selon Europe 1, grâce à ses avocats payés par le contribuable, faire retirer, comme éléments à charge, les 1.600 pièces du rapport de la commission d’enquête parlementaire. Si l’information est confirmée, cela voudrait dire que le CSM a considéré « souverainement » que les auditions du juge devant les députés et sénateurs ne valaient pas plus qu’un chiffon de papier. Qu’une discussion de bistrot ou une querelle de salon de thé.
Comment s’étonner alors que les banlieues se révoltent, que les condamnés pour alcoolisme ou vitesse inconsidérée ne respectent pas ceux qui les arrêtent ou que les « corbeaux » de quelques-unes de nos grandes entreprises n’arrêtent pas de chanter ?
Le corporatisme des magistrats n’a d’égal que celui des élus. Ou, parfois des syndicats quand ils s’estiment « autorisés » à prendre les usagers des services publics en otage pour faire aboutir leurs revendications. Chacun se croit ainsi, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, au dessus des lois. Et, désormais, tout le monde veut… les imiter.
11:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









Les commentaires sont fermés.