20.10.2006
GOUTER
On peut ne pas aimer Nicolas Sarkozy, mais on ne peut lui reprocher d’avoir de la suite dans les idées. Ainsi, hier soir, sur TF1, le ministre de l’Intérieur est revenu sur ce qu’il appelle le problème des « orphelins de 16 heures ». La formule est « frappante » pour les esprits, même si l’idée n’est pas nouvelle. Déjà développée en 2004 devant les militants UMP, puis réaffirmée en 2005, notamment dans un interview à l’Express réalisé par Denis Jeambar, elle peine cependant à entrer dans les faits. On lui reconnaîtrait pourtant bien des vertus dans certains quartiers. Les parents seraient ainsi plus rassurés de savoir leurs enfants à l’étude plutôt que dans les rues de la cité. Les éducateurs seraient aussi plus assurés de voir leurs devoirs scolaires au moins étudiés à l’heure du goûter. Et les carnets de note devraient s’en ressentir. Enfin quelle paix en perspective dans les foyers quand le soir, en rentrant, père et mère ne seront plus obligés de courir après le « livret de correspondance », le problème de maths ou la leçon d’histoire. Si tant est qu’ils courent encore, épuisés par leurs soucis et souvent dépassés par des enseignements qu’ils n’ont jamais suivis.
Mais le handicap principal de cette mesure est, sans doute, de ne pas créer de nouveaux emplois dans l’Education nationale. Elle est alors « oubliée » par principe, posée sur le bout d’une table ou en déshérence dans la corbeille à papier. Elle fait, en effet, appel au volontariat et propose, idée originale mais ô combien iconoclaste, de payer les enseignants en heures supplémentaires. Ce qui est, pour le moins, « révolutionnaire » dans une institution où le partage et l’égalité des fonctionnaires sont devenus des dogmes. Car, parler d’heures supplémentaires revient un peu à substituer l’appât du gain à la « solidarité de classe ». Ce qui est presque une « grossièreté ». Alors que, pour une fois, tout le monde aurait à y gagner. Les enseignants aux fins de mois difficiles comme les parents en difficulté et les … élèves défavorisés comme les… quartiers sinistrés.
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