18.10.2006
TETE
Le « drame » de cette affaire est sans doute qu’il va tout de même falloir choisir. Qu’importe que la tenue de ce « débat » ait été « à l’honneur du parti socialiste » comme l’a déclaré un peu benoîtement, hier soir, François Hollande, il n’en demeure pas moins qu’il y a toujours deux candidats de trop. Et si chacun s’accorde à penser, ce matin, que la prestation des prétendants a été, somme toute, équilibrée, cela complique encore un peu plus la tâche des électeurs. Cela démontre aussi, hélas, qu’il n’y a pas une « tête » qui surnage, une intelligence qui se détache, une candidature qui s’impose ou un « homme d’Etat » qui se révèle.
Hier soir, Ségolène, Dominique et Laurent ont joué leur partition avec un égal « talent » et pris bien soin d’éviter tout faux-pas éliminatoire. L’une a été très « régionaliste », l’autre très « économiste » et le dernier « plus socialiste que lui tu meurs ». Mais l’idéal eut été de les « mélanger », de trouver un « clone » qui puisse dire tout à la fois que les 35 heures « ont parfois abouti à une régression pour les salariés », qu’il faut « stabiliser la dette d’ici cinq ans », « corriger les effets des délocalisations et ré industrialiser » et, enfin, pénaliser « les contrats précaires et les temps partiels subis ».
Car le projet du parti socialiste était décliné, hier soir, de façon un peu particulière. A géométrie variable, sans humeur, sans saveur et sans contradictions. Ce qui ne veut pas dire sans « contrefaçons ». L’idéal était, certes, que « la guerre des Trois n’ait pas eu lieu ». Et de ce point de vue là, c’est une vraie victoire. Mais doit-on s’en satisfaire ou doit-on le regretter ?
Le PS, visiblement, ne veut pas de « victimes » et redoute une confrontation qui puisse tourner au déchirement. Il sait que seule l’addition des voix de chacun peut conduire à la victoire. Mais cette attitude, qui fait la part belle à la juxtaposition des idées, manque certainement un peu de courage et prive en tout cas les militants de ce contrat d’adhésion nécessaire à toute mobilisation. Avec le risque, en permettant à chacun des prétendants d’afficher ses différences jusqu’au bout du bout de la campagne interne, sans compromis possible, d’enraciner à jamais dans l’esprit des gens l’idée qu’il pourrait y avoir trois voix possibles à gauche. Et d’entraîner finalement tout le monde dans une voie… sans issue.
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