30.09.2006
CLES
Nul ne sera donc épargné dans sa religion ou ses croyances. Deux prêtres d’une paroisse de Floride que l’on croyait au-dessus de tout soupçon sont aujourd’hui accusés d’avoir pillé les troncs des églises pour un butin de plus de sept millions d’euros. L’un a été arrêté mercredi, tandis que l’autre est encore en fuite.
Mais le pire sans doute est qu’ils ne se servaient pas de cet argent pour donner aux œuvres, soulager la misère autour d’eux, faire le bien pour expier leurs péchés. Non ! ils « capitalisaient » comme le plus mécréant d’entre nous et « dilapidaient » comme n’importe quel jouisseur de Sodome ou Gomorrhe. Pourtant, l’un était plus cigale que fourmi. Il achetait des appartements tandis que l’autre voyageait et jouait sa petite monnaie dans les casinos de Las Vegas.
Ils avaient été formés tous deux à bonne école. Se succédant dans la même paroisse. A croire qu’ils s’étaient sûrement « confessé » mutuellement les bonnes combines. Car, pour dérober une telle somme en 40 ans, il ne faut pas « chômer ». Un stupide calcul mathématique nous indique en effet que cela représente une « extrême » ponction de plus de 500 euros par jour. Ce qui, à moins de tomber sur un « nid » de paroissiens cousus d’or est quasiment impossible. Il y avait, heureusement, les fêtes carillonnées, régulières et généreuses, multiples et prolixes, pour racheter les « jours sans », jours de Carême ou jours fériés.
Aujourd’hui, le révérend Skehan a été emprisonné, mais le père Guinan court toujours.
Et, pendant ce temps, ailleurs ou près de chez nous, d’autres troncs sont dévalisés. Car les curés français, pas plus que les Albanais, les Américains ou les Espagnols ne sont à l’abri des tentations. Le tronc de nos églises agit ainsi comme un appât pour les âmes bien fragiles. Et nul n’est à l’abri. Un pope orthodoxe a, lui aussi, été arrêté dimanche dernier pour avoir subtilisé 250 euros en billets dans son église d’Arta, dans l’ouest de la Grèce. Dénoncé par son sacristain.
Comme les autres, il avait sans doute les « clés » de son péché. Et, comme les autres, il doit désormais regretter le temps béni où le diable n’avait pas encore inventé… la comptabilité.
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29.09.2006
MARIGOT
Il ne sert à rien, dit-on, de remuer le passé. Certes ! Mais si ce que raconte Valéry Giscard d’Estaing dans son nouveau livre « Choisir », troisième tome de ses Mémoires, est exact, c’est atterrant ! Si les affirmations de l’ancien président de la République concernant Jacques Chirac sont vraies, c’est consternant ! Si, enfin, le chef de l’Etat actuel espérait encore se représenter aux suffrages avec une image de pure virginité, eh bien, c’est raté. Définitivement. Car tout mensonge semble « écarté » en la matière. On peut légitimement penser, en effet, que l’ancien locataire de l’Elysée a eu envie, au soir de sa vie, de dire pour une fois toute la vérité aux Français, au « fond des yeux ». Sans rancune, mais aussi sans oublis. Et ce bal des traîtres et des « faux-culs » ne peut que donner envie de vomir.
Si l’on s’en doutait un peu, chacun manquait pour le moins de confirmations. C’est fait désormais, écrit, publié et dénoncé. Avec les meilleures « feuilles » en avant-première dans l’hebdomadaire « Le Point » de cette semaine.
Cela pose finalement deux questions, l’une étant le contraire de l’autre, sur nos institutions. Faut-il être une « crapule » pour espérer devenir un jour président de la République et le rester ? Ou bien est-ce que les hommes intègres et honnêtes n’auraient définitivement aucune chance de pouvoir un jour servir leur pays dans ce marigot où Machiavel le dispute à Rousseau ?
Pour éviter de répondre trop vite à ces deux questions et, surtout, parce que les hommes sont… les hommes, il est sans doute temps de mettre un terme au « carnet des tentations ». D’instituer d’autres règles du jeu pour gouverner, avec, en premier lieu, la limitation des mandats dans la durée. Le citoyen devrait, à l’aube d’une campagne présidentielle qui s’annonce acharnée, peser pour que chaque postulant s’engage à intégrer dans la Constitution, s’il est élu, l’idée d’un mandat renouvelable une seule fois et s’oblige ainsi à choisir entre « carrière » et dévouement. Il n’y aurait alors plus d’hommes ou de femmes pour mélanger fonction électorale et « métier » politique, pour confondre « servir » et « se servir » et pour rebondir délicieusement et éternellement dans le giron de l’Etat.
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28.09.2006
TAPIS
Lionel Jospin jette l’éponge ! L’homme ne veut pas ajouter aux divisions du parti et il a bien compris, depuis quelques jours, qu’il ne ferait plus jamais l’unanimité sur son nom. Il l’a dit hier soir à ses amis et, ce matin, sur RTL, il devrait le répéter aux auditeurs. Mais en doutait-il vraiment ? Lionel Jospin est homme trop intelligent pour ne pas avoir compris très tôt qu’il avait été définitivement mis à la retraite par les caciques de l’appareil. Que son « abandon » de 2002, même s’il avait été compris, n’avait pas été « digéré ». Que l’heure n’était plus à la raison, mais à la passion et à l’émotion. Au superficiel « durable » et à cette imitation un peu « juste » de la démocratie.
Lionel Jospin a finalement estimé qu’il n’était plus une bonne solution « marketing » pour le parti. Que, face à la jeunesse et à l’enthousiasme de Nicolas Sarkozy, ses cheveux blancs et sa rigueur toute protestante n’étaient pas d’aussi bons atouts que les frous-frous et les banalités d’une « candidate » dans l’air du temps.
Pour avoir cru cependant à un sursaut républicain, il se retire sans doute un peu déçu, mais, faute d’avoir été une solution, « il ne veut pas être un problème » comme il l’avait déjà déclaré il y a un mois.
Pour autant, l’ancien Premier secrétaire du PS pendant neuf ans ne s’interdira pas de parler. Il ne se privera pas d’intervenir dans le débat. De dire ce qu’il pense sans mâcher ses mots et de servir d’aiguillon sur les grands débats de société. Il évitera seulement de prononcer des noms et, surtout, celui d’une « jeune » femme qui représente apparemment tout ce qu’il déteste, toute cette futilité qu’il réprouve et tout ce vide politique qu’il déplore.
En tout cas, voilà une épingle dans le pied en moins pour Ségolène Royal. La Madone de Poitiers avait en effet tout à craindre de ce candidat, tout à la fois figure historique et référence intellectuelle et morale de la gauche. Peu lui importe de s’être fait un ennemi supplémentaire, elle a désormais un « tapis rouge » devant elle. Il lui reste à ne pas s’y prendre… les pieds.
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27.09.2006
VOLEE
La présentation du budget 2007, ce matin, par le gouvernement, est sans doute, comme chaque année, la plus belle escroquerie qui soit. On y fait assaut « chiffré » de voeux pieux qui, pour la plupart, resteront dans les cartons. Faute de volontés parfois, de moyens sûrement et de courage surtout. On y promettra une baisse des déficits et une réduction des endettements qui, pour nombre d’entre elles, tiendront du miracle institutionnalisé. Faute de courage parfois, de volontés sûrement et de rigueur surtout.
Un an avant la Présidentielle, mais c’est vrai tout le temps car on est toujours « un an avant quelque chose », ordre est donné de ne pas « désespérer Billancourt » ou d’alimenter les armées des partis d’opposition par des mesures trop « drastiques ». Le budget devient alors un outil électoral qui s’use d’autant moins que l’on ne s’en sert pas. Au gré des rectifications pluriannuelles.
La plus belle des escroqueries repose déjà dans sa présentation. On nous assure, en effet, d’un déficit de l’Etat fixé à 41,6 milliards d’euros. Ce qui est déjà un non-sens. Pas un seul père de famille ou entrepreneur digne de ce nom n’oserait présenter à sa banque ou à son conseil d’administration, de tels comptes. Le propre d’un budget étant d’être « en équilibre », chacun serait renvoyé vite fait à sa copie avec, pour mission, de ne revenir que le travail achevé. Mais ce qui était vrai du temps du général De Gaulle ou de Georges Pompidou ne l’est plus depuis Giscard et, surtout, depuis Mitterrand. L’Etat a découvert avec gourmandise les « vertus » du déficit budgétaire tandis que le citoyen « effaré » ignore largement que le taux d’endettement de la France par rapport au produit intérieur brut est largement supérieur à 64%.
Le seul mérite de l’exercice de « haute volée » d’aujourd’hui est qu’il permet à tout un chacun qui le souhaite vraiment de constater que la marge de manœuvre politique n’existe plus. Que droite et gauche n’ont d’autre alternative que de réformer et de restructurer l’Etat. Reste à savoir à quelle vitesse. Mais c’est sans doute le dernier des… cadeaux.
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26.09.2006
COMMUN
Et deux de plus ! L’Europe n’a pas encore de Constitution, mais elle enfle d’importance. Elle ne sait pas encore comment gérer son marché du travail, la libre circulation des biens et des personnes, et instituer une vraie justice communautaire, mais elle accueille à bras « plus ou moins ouverts » Bulgarie et Roumanie, deux pays champions de la corruption. Elle peine à se protéger contre les risques sanitaires, mais elle intègre deux Etats où la peste porcine fait encore des ravages. Bref, elle n’est qu’une enveloppe vide qui survit grâce à Erasmus, la PAC et l’Euro, mais elle tente encore de se donner cette grande image de « marque » d’ersatz de grand continent.
Ainsi, aujourd’hui, Bruxelles va donner son feu vert, dans l’indifférence générale, à l’entrée de deux nouveaux pays dans la grande famille de l’Europe à compter du 1er janvier prochain. Et, demain, nous serons 27 à espérer parler la même langue sans pour autant vivre mieux ou parier sur un avenir commun.
Mais, quelle est donc cette fuite en avant qui pousse la Commission européenne à accueillir de nouveaux membres avant même que les plus récents soient encore totalement « digérés » ? Est-ce l’illustration de cette politique des petits projets, chère à José-Manuel Barroso, qui vise à se substituer aux grandes ambitions freinées par les « non » français et néerlandais au traité constitutionnel ?
Tout cela semble bien triste, un an avant les 50 ans du traité de Rome, et préfigure sans doute une politique de simple gestion des affaires courantes jusqu’à la mi-2007. D’autant que les changements politiques en cours, tant en France qu’en Grande-Bretagne, n’incitent pas les députés européens à engager la réforme des institutions prévue pourtant depuis 2004.
Mais il y a quand même un paradoxe à vouloir nous expliquer, d’un côté, qu’il est urgent d’attendre en ce qui concerne les Institutions et, de l’autre, qu’il est urgent d’intégrer, même sous… conditions.
08:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.09.2006
ABUS
Le sujet est certes délicat. Mais il n’est pas non plus à l’honneur d’un pays réputé pour son bon vivre, sa richesse et sa légendaire neutralité. La réalité est pourtant là, crue et sans appel. La Suisse a décidé, depuis hier, de fermer progressivement sa porte aux étrangers non européens et définitivement à tous les sans-papiers de la terre, ainsi que de réserver ses emplois en priorité à ses nationaux ou à ceux des pays voisins. Les scores de ce référendum ne font même pas discussion puisque 68% des Suisses se sont prononcés pour plus de sévérité sur l’immigration et 67,8% se sont déclarés favorables au durcissement des conditions d’accès au droit d’asile.
Ce triomphe dans tous les cantons de que l’on appelle, du nom du président de l’Union démocratique du Centre (UDC), les « lois Blocher » ne doit rien au hasard. Cela fait désormais quinze ans que les électeurs sont régulièrement appelés à se prononcer sur des lois plus restrictives de liberté en ce qui concerne les étrangers. Et ce n’est pas fini puisque l’UDC prévoit désormais de s’attaquer aux abus de « naturalisation », exigeant au préalable que les candidats au passeport suisse reconnaissent « sans réserve » la Constitution et « l’ordre juridique » de la Confédération helvétique. Avec cette ultime précision selon laquelle cette exigence « vaut notamment pour les musulmans candidats à la naturalisation », alors qu’elle les concerne surtout.
La Suisse, petit pays de près de 8 millions d’habitants, dont 21% d’étrangers, serait-elle donc devenue xénophobe ? Pour la plupart des observateurs, la réponse est négative, mais le peuple aurait décidé une fois pour toutes de mettre fin aux « abus », quatre lettres qui furent d’ailleurs un slogan de campagne. Ce vote montre en tout cas le grand décalage existant désormais entre la majeure partie des élites intellectuelles, culturelles et religieuses, tous les médias romands, mobilisés contre les lois, et la nation. Quant à l’explication d’un juriste à l’Organisation d’aide aux réfugiés, selon laquelle « le peuple préfère d’abord serrer la vis, quitte à se montrer plus ouvert par la suite », elle n’est guère convaincante. Car ce vote prouve surtout que les « peurs » de l’opinion publique suisse l’ont libérée de ses choix partisans. Cette dernière est désormais en quête d’autorité et de repères. Ici comme ailleurs. Au regard d’une actualité que plus personne ne maîtrise et d’un avenir que tout un chacun… redoute.
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24.09.2006
MACHINE
« On ne peut pas simplement utiliser la colère du peuple pour s’exonérer de ses propres choix » déclarait hier François Hollande. Mais, en disant cela, le Premier secrétaire du PS semble vouloir tout à la fois stigmatiser l’attitude de Nicolas Sarkozy et s’affranchir du peuple en refusant son message prétendument « téléguidé ». Alors que l’Histoire aurait dû lui apprendre que le peuple n’est jamais si fort que lorsqu’il est méprisé. « Lorsqu’un homme a perdu toute responsabilité dans l’espace social et économique, il entre dans une spirale de marginalisation » écrivait Alain Etchegoyen dans « le temps des responsables ». C’est tout le drame du citoyen inconnu en France. Que l’on dorlote, que l’on assiste, que l’on représente et que l’on… oublie.
La société des énarques, des bien-pensants et des « bien-nourris » de la politique a cru qu’elle pouvait se développer sans les hommes, par la vertu des grands équilibres et des valeurs marchandes. Force lui est de faire ou d’essayer de faire, aujourd’hui, machine arrière. Mais elle ne sait pas trop comment s’y prendre. Alors qu’il lui suffirait bien souvent de regarder autour d’elle, en Europe, pour trouver des exemples profitables. Quitte à mettre à mal le mythe de « l’exception française » qui survit à coups de corporatisme et de guerre scolaire.
Mais le veut-elle vraiment ? La question des antagonismes mérite elle-même d’être posée. Car les partis de gauche et de droite recèlent trop d’intelligence pour ne pas avoir, enfin, compris que les « bonnes solutions » n’ont que faire des étiquettes.
Les sondages de la semaine passée montrent au grand jour que la France a plus besoin de réformes que de plates-formes. Et qu’elle mérite d’imaginer son avenir en dehors des discours militants ou partisans. Trois thèmes doivent alors être au centre du débat, éducation, justice et sécurité. Et deux mots d’ordre l’illustrer : participation et imagination. Toute le reste n’est que littérature, caricature d’une société qui vieillit mal et semble vouloir emporter avec elle regrets et désillusions.
La campagne électorale qui s’annonce devra prendre en compte toutes ces aspirations. En passant par la réconciliation des citoyens que le chômage a divisé, que l’égoïsme a enterré et que la fatalité a envahi. Car le découragement n’est jamais porteur d’histoire. Il n’est qu’un rendez-vous raté. Quant au chômage, il n’est que la négation de la création et de la solidarité des hommes ainsi que la démission coupable des institutions qui préfèrent le nourrir que le combattre.
Reste le plus difficile à faire. Sortir de cette carapace d’ « homme moyen » qui, comme l’écrivait Jean-Paul Sartre, se perd « exprès dans l’infini des moyens pour ne pas regarder la fin en face »...
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03.09.2006
EXEMPLAIRE
Veillée « d’armes » ? on peut se le demander à la lecture et à la relecture du palmarès du journal « Le Point » sur la violence à l’école, en ce dernier jour de vacances scolaires. Demain, ce serait donc l’entrée dans la « fosse aux lions » pour un certain nombre de nos chères têtes blondes. Et rien que d’y penser rend déjà l’idée insupportable. Contrairement au ministre Gilles de Robien et aux syndicats, on se doit d’être plus ulcéré par les résultats de l’enquête que par sa publication. Car le scandale n’est pas tant la stigmatisation de tel ou tel collège que la négation corporatiste de l’ampleur du problème. L’autisme du ministère, ou de l’administration, qui cachait les résultats de l’enquête, et les protestations de quelques vierges outragées ne servent pas la République. Bien au contraire, ils confirment l’incapacité de milliers de femmes et d’hommes à assumer leurs responsabilités. A tous les échelons, de l’enseignement primaire jusqu’au supérieur, de l’instituteur jusqu’au recteur, des parents d’élèves jusqu’aux fédérations.
« Ne rien voir, ne rien dire, ne rien entendre » serait donc la nouvelle devise républicaine, mieux que « liberté, égalité, fraternité » ! Il est sûr qu’une telle publication ne fait pas plaisir. Il est certain aussi que le système « signa » ne recense que les faits ayant fait l’objet d’un signalement à la police, la justice ou aux services sociaux. Il est également évident que ce « palmarès » repose avant tout sur la bonne volonté des chefs d’établissements qui, selon leur degré de rigueur, trouvent opportun ou non de « renseigner » la base de données. Mais peu importe ! La réalité est là, ni virtuelle, ni exagérée. Et affirmer, comme l’a fait, jeudi dernier, le ministre de l’Education, que le classement des lycées et collèges les plus violents n’était « pas très pertinent » car il ne prenait pas en compte le nombre d’élèves par établissement est d’une « stupidité » exemplaire. Il est en effet peu important qu’un élève ou un professeur soit « statistiquement » moins en danger ici qu’ailleurs si « ici » quelques meneurs instaurent une telle politique de terreur que plus personne ne peut maîtriser. Dès lors, la vision comptable de Gilles de Robien apparaît, dans ce domaine, affligeante et ignorante, inhumaine et technocratique.
« Cachez ce sein que je ne saurai voir ». La réalité scolaire est moins jolie… à voir. Mais l’important n’est pas tant l’honneur « outragé » de quelques personnels enseignants que l’horreur « camouflée » des victimes. Aujourd’hui, au moins, plus personne ne pourra dire… demain qu’il ne savait pas.
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02.09.2006
VOLCANIQUE
Petite association deviendra grande. C’est tout le mal que l’on peut souhaiter d’abord à « La Diagonale » qui s’est réunie cette semaine en séminaire d’été (encore !) durant trois jours à l’ombre des volcans d’Auvergne, dans l’Allier. Pourtant, le challenge que s’est fixé ce nouveau cercle de réflexion ne manque pas de paradoxes.
Qualifiés par les uns de « faux-nez de l’UMP », par les autres « d’aigris du socialisme », et finalement intriguant tout le monde, ces femmes et ces hommes, qui se décrivent comme « de bonne volonté », se laissent qualifier plus volontiers de « Sarkozistes de gauche ». En clair, ils pensent que gauche et droite ont toutes deux failli dans leur mission de rénovation de la société et, sans renier leurs valeurs humanistes et progressistes, ils estiment aujourd’hui que seul Nicolas Sarkozy, le ministre de l’Intérieur UMP, est capable d’incarner avec courage et détermination la rupture et la réforme. Mais, à en juger par le succès de leur seconde réunion publique, l’idée a déjà fait son chemin et est jugée suffisamment crédible. Jeudi soir, à Vichy, la salle était comble pour venir écouter, réunis sur la même estrade, Claude Malhuret, fondateur de Médecins sans frontières, ancien Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme, Philippe Sauvannet, ancien secrétaire fédéral du parti socialiste de l’Allier, Bernard Spitz, Conseiller d’Etat et plus proche collaborateur de Michel Rocard quand il était Premier ministre, Brice Hortefeux, actuel ministre des Collectivités territoriales et ami de « trente-et-un » ans de Nicolas Sarkozy et, bien sûr, les membres fondateurs de « la Diagonale » qui les avaient invités. L’ensemble était en effet suffisamment disparate pour poser questions et assurer… la réflexion.
Cette volonté de concilier « l’apparent inconciliable » est certainement à saluer dans notre société éternellement figée entre deux blocs et bien prompte à excommunier tous ceux qui prêchent une large utilisation des « compétences » hors de toutes dénonciations sectaires et dogmatiques. Pour autant, « La Diagonale » ne s’est pas privée de distinguer la notion « d’ordre » prônée tant par Ségolène Royal que par Nicolas Sarkozy. Si elle s’est en effet félicitée d’entendre ce dernier évoquer le nécessaire retour à l’ordre républicain, elle s’est inquiétée du retour à l’ordre moral souhaité par la Présidente de la région Poitou-Charentes et même étonnée du silence gêné du PS à ce sujet.
Les fondateurs de « la Diagonale » ont réaffirmé que leur volonté n’était pas d’adhérer à l’UMP, ni même de fonder un club des « déçus des socialistes », mais de construire avec le candidat qui leur semble le mieux à même de le faire, une société libérale, sans être libertaire, ni liberticide, dans une économie moderne et soucieuse des grands équilibres qui place toujours l’homme au centre de ses préoccupations. Vaste programme, vaste utopie diraient certains ! Pas si sûr, si l’on observe la vague de ralliements politiques en cours, à gauche comme à droite, et la prise au sérieux de ce mouvement par nombre de caciques apparemment installés. La tentative n’est pas nouvelle, certes, mais elle a aujourd’hui l’avantage d’être, sans doute, sans… parti pris.
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01.09.2006
DECALAGE
Les responsables de l’exécutif seraient bien inspirés de s’inquiéter de la différence de perception qui existe entre la publication des « bons » chiffres du chômage et leur ressenti par la population. Car force est de constater que, malgré le son du clairon officiel, le citoyen met toujours l’emploi au centre de ses préoccupations. A croire qu’il n’est guère convaincu par la baisse annoncée ou qu’il est désormais intimement persuadé que les chiffres sont éternellement… truqués. Ainsi, selon l’enquête barométrique 2006 des ministères de l’Emploi et de la Santé, rendue publique hier, 43% des Français estiment encore que le chômage est la priorité des priorités, devant la pauvreté et même devant la délinquance et l’insécurité.
Ce « décalage » est, certes, bien dans la tradition gauloise de notre pays, mais il traduit, par son ampleur, une fracture si forte qu’aucun remède classique ne semble capable de la réduire. Pour bien faire, on a aujourd’hui l’impression que, seule, la désignation d’un cabinet d’experts indépendants sera susceptible de ressusciter un jour la confiance des Français sur un audit chiffré de la situation. Il est vrai qu’on leur a tellement menti, caché la vérité, qu’ils sont persuadés d’être à tout jamais manipulés par des chiffres qui intègrent, disent-ils, formation ou stages parkings, prennent en compte CDD d’un mois ou d’une journée, excluent étudiants ou non-salariés et rayent parfois pré-retraités ou chômeurs de longue durée qui ne sont plus indemnisés et n’ont plus « d’intérêt » à pointer.Sans parler des déçus de l’ANPE qui, après quelques semaines, voire quelques années de fréquentation, sont désormais persuadés de sa structurelle inefficacité.
Les jeunes générations sont même, sans doute, encore plus sévères envers cette « communication » qu’ils jugent très théorique au regard de leur situation, de celle de leurs copains, de celle de leur parents ou de leurs amis.
Mais il est quand même des raisons d’espérer. Selon l’enquête barométrique précédemment citée, l’on s’aperçoit en effet, que si les attentes vis-à-vis de l’Etat providence sont toujours aussi fortes, une tendance lourde semble se dégager sur la prise en compte « personnelle » des problèmes sociaux. 46% des personnes interrogées attendent certes toujours un effort de l‘Etat protecteur, mais 39% du public, soit un chiffre en hausse de quatre points par rapport à 2002, pensent aussi que ce rôle appartient aussi aux individus et aux familles. En clair, aide-toi et le ciel (ou plutôt l’Etat) t’aidera. Ce qui peut traduire, c’est selon, soit un problème définitif de confiance, soit la certitude que l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Et c’est toujours comme cela que débutent… les grandes révolutions
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